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Michel Bassompierre | sculpteur animalier | décédé le 21 avril 2026

Michel Bassompierre dans son atelier près de Nantes
Michel Bassompierre dans son atelier près de Nantes, 2025 i © Loïc Venance / Afp

Ses gentils ours aux formes rondes réjouissaient petits et grands. Ce mardi 21 avril à Nantes, l’artiste Michel Bassompierre, figure de la sculpture animalière, s’est éteint brutalement à l’âge de 78 ans.

Dissimulé derrière une barbe blanche hugolienne, ce discret au cœur tendre avait fait de l’ours, du gorille, de l’éléphant ou du panda les protagonistes d’un univers apaisé, modelé dans le bronze ou le marbre. Amoureusement polis, ses animaux aux courbes épurées appellent à la caresse, mais ne sont pas si lisses : monumentaux ou miniatures, ils semblent toujours habités par des pensées sérieuses, douces ou mélancoliques. « Le monde sauvage, le frère animal, m’a toujours attiré, là où il n’y a pas d’humains. Peut-être parce que je suis une bête sauvage sans le savoir », confiait l’artiste à l’AFP en 2025.

Une reconnaissance internationale

Né en 1948 à Paris d’une mère artiste et d’un père géologue, Michel Bassompierre découvre sa passion pour la faune lors devisites au Muséum national d’histoire naturelle et au zoo de Vincennes. Formé aux Beaux-Arts de Rouen, il devient l’un des ambassadeurs les plus visibles de l’art animalier – un genre traditionnel né au XVIIe siècle, qui a survécu aux mises à l’écart du naturalisme et du figuratif, mais dont les représentants, qui exposent dans les allées du peu médiatisé Salon national des artistes animaliers, sont aujourd’hui souvent taxés de « ringards ».

Michel Bassompierre travaillant dans son atelier
Michel Bassompierre travaillant dans son atelier, 2025 i © Loïc Venance / Afp

Ses installations, souvent accompagnées de conférences réunissant scientifiques et ONG, cherchaient à faire dialoguer esthétique et conscience écologique.

Dans ce contexte, Bassompierre faisait figure d’exception. Il avait su conquérir un public international, exposant aussi bien à Paris (du jardin des Plantes au boulevard Haussmann) qu’à New York (sur Park Avenue), à Marrakech ou au musée océanographique de Monaco. « En investissant l’espace public, il souhaitait rendre l’art accessible à tous et susciter une prise de conscience autour de la beauté et de la fragilité du vivant », rappelle sa famille. Ses installations, souvent accompagnées de conférences réunissant scientifiques et ONG, cherchaient en effet à faire dialoguer esthétique et conscience écologique.

Un sculpteur qui faisait vivre les animaux

Un grorille de Michel Bassonpierre dans le parc de l’abbaye Saint-Étienne de Caen
Un grorille de Michel Bassonpierre dans le parc de l’abbaye Saint-Étienne de Caen i © Francis Cormon / Hémis

Cette reconnaissance le place dans le sillage de figures majeures de la sculpture animalière française, d’Antoine-Louis Barye à François Pompon. Comme ce dernier, Bassompierre privilégiait l’épure, des volumes doux et simplifiés. Une filiation si évidente que le musée François-Pompon à Saulieu lui avait consacré une exposition à l’occasion du centenaire de l’iconique Ours blanc (1922) du musée d’Orsay.

Parmi ses admirateurs figurait l’acteur François Cluzet, qui a parrainé (au côté de l’ONG écologiste WWF) sa dernière grande exposition française, à Vertou (Loire-Atlantique) en 2024–2025. La vedette d’Intouchables l’avait découvert dans une galerie alors qu’il sculptait un gorille en direct. Coup de cœur immédiat : « On regarde ces animaux et on les voit exister, vivre, même s’ils sont silencieux […]. J’ai l’impression que dans leurs yeux, Bassompierre a mis toute son humilité, toute son humanité, toute sa bienveillance », avait-il déclaré à l’AFP en 2025, saluant chez lui « le mariage du bon et du beau ». Début avril, l’artiste recevait au musée Bourdelle, des mains de Roselyne Bachelot et en présence de Cluzet, la prestigieuse croix d’officier des Arts et des Lettres.

Par Joséphine Bindé, le 22 avril 2026 pour Beaux-Arts Magazine

 

À écouter:

Des vigies pour la planète. Par Aurélie Luneau. De cause à effet, France Culture, 12 mai 2026

Michel Bassompierre, le sculpteur d’animaux ! France Inter, 17 mai 2026

 

À voir:

Exposition permanente à la galerie Bartoux 

Bassompierre, l’esprit animal,  documentaires art & culture, 2025, France TV, 52 min 

 

À lire aussi :

Michel Bassompière : monographie – Michel Bassompière, Albin Michel, 2021

L’art animalier : un genre en voie de disparition ?

 

vincentlecomte
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Vincent Lecomte est artiste, chercheur et enseignant en esthétique. Sa thèse, « Un Penser animal à l’œuvre », étudie les… Lire la suite

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
vincentlecomte (26 mai 2026). Michel Bassompierre | sculpteur animalier | décédé le 21 avril 2026. Animots. Consulté le 20 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/169sh


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